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Discours
de la delegation du Bangladesh
Monsieur le Président,
Majestés,
Altesses,
Excellences, Messieurs les Chefs d'Etat ou
de Gouvernement des Etats membres de l'OCI
Excellences,
Honorables délégués,
Frères et Sœurs,
Assalamou Alaikum oua Rahmatoullahi oua
Barakatouh
Je voudrais d’abord exprimer mes sincères
remerciements à Sa Majesté le Roi Abdullah
Bin Abdulaziz, Serviteur des Deux Mosquées
Saintes, qui a pris une initiative capitale
en convoquant ce Sommet islamique
extraordinaire dans cette ville sainte de
Makkah Al Moukarramah. Ce Sommet non
seulement vient à point, mais il est
également nécessaire et revêt une importance
cruciale pour la Oummah.
Je me dois également de remercier le
Secrétaire général de l'OCI pour les efforts
inlassables qu'il a déployés en organisant
ce Sommet en collaboration avec le pays hôte.
Je souhaiterai également lui exprimer ma
reconnaissance pour son rapport intitulé
"Nouvelle vision du Monde musulman : la
Solidarité dans l'action", rapport qui
contient une excellente analyse des
résultats du Forum des Oulémas et Penseurs
musulmans de Makkah Al Moukkaramah convoqué
sur l'aimable invitation du Serviteur des
Deux Mosquées Saintes en prélude à ce Sommet.
Outre la série de mesures recommandées par
le Forum de Makkah Al Moukkaramah, nous
avons le Rapport de la Commission des
Eminentes Personnalités créée lors du
dixième Sommet de l'OCI tenu à Kuala Lumpur,
Malaisie.
Nous sommes, réunis ici, à un moment où la
Oummah islamique traverse une période
cruciale, alors que nous sommes confrontés à
des défis qui doivent être relevés de toute
urgence. L'image de l'Islam est attaquée. Il
existe un dangereux projet visant à détruire
le message de paix apporté à l'humanité par
le Prophète Mohammed (que la paix soit sur
Lui). Une campagne orchestrée visant à salir
l'Islam est en cours, accompagnée de
diverses menaces et campagnes négatives. Un
sentiment de frustration et d'inaction se
développe parmi les Musulmans, sentiment qui
appelle une réponse immédiate, efficace et
unifiée. Il nous revient, à nous autres
dirigeants qui sommes réunis ici, d’y faire
face. Il est impératif que nous surmontions
aujourd'hui cet état de quasi-paralysie par
le biais d'un programme d'action partant de
réalités contemporaines. Les dirigeants
politiques du monde musulman ont la
responsabilité historique de réaffirmer
notre position légitime au sein de la
communauté internationale.
Monsieur le Président,
La première question à laquelle nous devons
faire face est celle de la solidarité. En
effet, nous avons toujours parlé avec
passion de la solidarité islamique qui
continue de nous lier fermement. Cette
solidarité a résisté à des défis durant des
siècles. Il est temps pour nous de
réaffirmer notre foi en notre solidarité et
de la traduire par des actions concrètes.
Nous avons également besoin d'adopter une
position commune face à des menaces
communes. Nul doute qu’il ne saurait y avoir
de place ici pour des désaccords.
S'agissant de la question de la Palestine,
des droits des Palestiniens et de la
question d'Al Qods, la Oummah islamique
devrait continuer de parler d'une seule voix,
comme nous l'avons toujours fait. Nous
devons conserver une position de principe
quant à une solution globale de la question
palestinienne, conformément aux résolutions
pertinentes de l'ONU, au Plan de Paix Arabe
et à la Feuille de route. La Palestine
devrait en effet illustrer de manière
éloquente l'unité du monde musulman. Tout
écart en la matière ne fera que renforcer
nos détracteurs.
Monsieur le Président,
La tâche à la quelle nous devons nous
atteler immédiatement en vue de réaliser
notre unité et notre solidarité consistera à
redynamiser et à renforcer nos institutions
existantes. A cet égard il nous faut
concevoir l’Organisation de la Conférence
islamique (OCI), l’institution emblématique
de notre solidarité, de manière plus
dynamique, de façon à lui donner les moyens
de jouer un rôle efficace dans le système
international. Il nous faut donc examiner de
près la mission qui lui est dévolue ainsi
que ses méthodes d’organisation. C’est une
démarche nécessaire qui lui permettra d’être
un véritable instrument de progrès dans la
mise en œuvre de notre ambition d’unité et
de solidarité. Parallèlement, nous devons
réaffirmer notre engagement par la signature
et la ratification de tous les accords de
l’OCI et la mise en œuvre de l’ensemble des
Plans d’Action qu’elle a élaboré.
L’assistance mutuelle constitue également un
autre moyen de renforcer les liens de
fraternité et de solidarité. Nous ne pouvons
exprimer l’unité et la solidarité de manière
plus concrète qu’en qu’en venant en aide à
nos frères musulmans. Je pense que nous
devons agir immédiatement dans trois
domaines importants, le renforcement des
capacités, l’allègement de la pauvreté et
les secours en cas de catastrophes. A cet
égard, je voudrais souligner l’importance de
l’initiative en cours concernant
l’établissement d’un programme des capacités
en vue de réduire la pauvreté dans les Etats
membres les moins avancés et à faible revenu.
Ce qui requiert un appui solide de notre
part à tous.
A cet effet, un certain nombre de
propositions et d’idées ont été émises,
relativement aux mécanismes de financement.
Premièrement, la mise en place d’un fonds de
financement à des conditions de faveur doté
de ressources assez considérables pour la
réduction de la pauvreté. Nous pensons que
cela permettra de parcourir un long chemin
pour répondre aux besoins des Etats membres
les moins développés. Deuxièmement, la
proposition relative à la mise en place d‘un
« Fonds d’Aide de Secours de l’OCI » a pour
but la création d’un instrument important en
matière de secours et de réhabilitation en
cas de catastrophe. Troisièmement, la
création d’un Fonds international pour la
Zakat, afin que de simples particuliers du
monde musulman soient mis à contribution
dans le cadre des efforts visant
l’allégement de la pauvreté.
Dans ce contexte, je pourrais ajouter que le
Fonds de solidarité islamique doit également
être renforcé et son activité élargie.
Monsieur le Président,
Le troisième point que nous devons examiner
à cette conférence concerne la coopération
dans tous les domaines. L’accent devra
cependant être mis sur les questions
économiques. Pendant des années, nous avons
disposé du plan d’Action de l’OCI en vue de
renforcer la coopération économique et
commerciale entre les Etats membres de l’OCI,
mais l’état d’avancement de sa mise en œuvre
n’est pas très encourageant. La nécessité
d’un important coup de pouce se fait sentir.
La promotion du commerce et de
l’investissement intra OCI revêt une
importance toute particulière. Nous pensons
que l’objectif visé pour commerce intra OCI
d’atteindre 20 pour cent de l’ensemble du
commerce dans les pays de l’OCI d’ici à l’an
2015 est réalisable, compte tenu des efforts
sincères que nous déployons. A cet égard, la
création d’une Agence islamique
internationale de financement des opérations
commerciales et une utilisation plus large
de l’Agence islamique d’Assurance et de
Crédit à l’Exportation contribuera à
l’expansion du commerce intra OCI. L’assise
financière de la BID devra également être
élargie, particulièrement dans le domaine de
la promotion du commerce.
Il est également important que tous les
membres de l’OCI signent et ratifient de
toute urgence les accords existants et qui
visent la promotion du commerce et de
l’investissement. Je voudrais également
insister, en particulier, sur un Accord
Cadre concernant la mise en place d’un
Système d’échanges préférentiels entre les
Etats membres. Nous souhaitons que la mise
en œuvre de l’Accord cadre soit une réussite
afin qu’il puisse, à long terme mener à une
Zone de Libre -Echange entre les Etats
membres de l’OCI.
Monsieur le Président,
Le quatrième domaine capital qui nous
préoccupe est la lutte contre le terrorisme.
A ce tournant décisif de l’histoire, nous
sommes tous témoins d’actes de terrorisme
sans précédent qui touchent notre vie
quotidienne.
Le Bangladesh a toujours apporté son soutien
dans ce sens et a participé à tous les
efforts tendant au rapprochement inter-religieux
et inter-culturel, au dialogue et à la
coopération entre les civilisations, car
nous sommes sincèrement convaincus que de
telles dispositions contribuent à la
promotion d’une compréhension mutuelle entre
les hommes, à la tolérance et au respect de
leurs religions et cultures respectives.
Le Bangladesh a déjà présenté lors de
l’Assemblée générale des Nations-Unies, une
résolution sur la « culture de la paix » qui
a été adoptée à l’unanimité. A cet égard
nous devons veiller au renforcement de la
coopération car nous sommes plus que jamais
convaincus que le dialogue des civilisations
passe par le respect mutuel, la dignité et
la réciprocité sans restriction aucune avec
un accent particulier sur l’élimination de
toute forme de perception négative.
Monsieur le Président,
La Oumah islamique a été à l’avant-garde des
grandes avancées scientifiques et
technologiques et le retard accusé de nos
jours dans ces domaines a largement
contribué à la marginalisation des pays
musulmans, notamment dans les domaines clés
du développement. Plus nous nous éduquerons,
plus forts nous serons. Les Etats membres de
l’OCI possèdent, à cet égard, tout le
potentiel et les ressources humaines
nécessaires, mais ceux-ci doivent être
organisés de manière rationnelle pour une
plus grande compétitivité à l’échelle
mondiale. La création de nouveaux centres
d’excellence des ressources financières
appropriés, doit être une priorité pour nous.
Dans ce contexte, je voudrais
respectueusement rappeler la mémoire du
Président martyr Ziaur Rahman qui a rêvé
d’une Oummah islamique unifiée et prospère
grâce aux sciences et à la technologie.
Aujourd’hui, l’Université islamique de
Technologie constitue la réalisation de la
vision du Président martyr Ziaur Rahmane. En
effet, l’IUT a réalisé des progrès sensibles
et atteint un niveau académique enviable.
L’Université Islamique de Technologie
portait à sa création le nom de Centre
Islamique pour la Formation Professionnelle
et la Recherche, puis elle devient
l’Institut Islamique de Technologie.
Maintenant elle a pour nom l’Université
Islamique de Technologie. Ces diverses
appellations ne sont pas de légers
changements de dénomination. Chaque
changement correspond à des progrès
remarquables dans le domaine de l’excellence
académique et du développement des
ressources humaines. La Oumah islamique a
toutes les raisons d’être fière de cette
Institution. Je voudrais rendre ici un
hommage mérité à cette grande Institution
qui a besoin, de manière substantielle, de
notre soutien.
Au cours des siècles, le monde islamique a
eu à faire face à de multiples défis, et à
chaque fois il en est ressorti plus confiant
et plus fort dans sa foi, et plus que jamais
déterminé à lever haut la bannière de
l’Islam. Le défi auquel nous faisons face
aujourd’hui peut paraître énorme, mais avec
l’esprit de l’Islam qui nous anime tous,
nous pouvons le relever pour nous assurer
une place de choix dans le concert des
Nations.
Je vous remercie.
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