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Discours
de la delegation de la Tunisie
Au nom de Dieu, le Clément, le
Miséricordieux
Votre Majesté le Roi Abdallah Bin Abdelaziz,
Serviteur des Deux Saintes Mosquées,
Souverain du Royaume d’Arabie Saoudite,
Majestés, Excellences, Altesses,
Excellences,
Excellence Monsieur le Secrétaire Général
De l’Organisation de la Conférence Islamique,
Il m’est agréable d’adresser mes meilleurs
remerciements et l’expression de ma grande
considération à notre frère, le Serviteur
des Deux Saintes Mosquées, le Roi Abdellah
Bin Abdelaziz, qui a bien voulu nous
accueillir en ces Lieux Saints, terre de la
révélation et berceau de la glorieuse
civilisation islamique, et de louer l’œuvre
de renouveau global ainsi que les grandes
réalisation accomplies en faveur du peuple
saoudien frère grâce à sa direction éclairée,
tout en exprimant ma grande considération
pour les efforts déployés par le Royaume
frère et pour son rôle dans le soutien de
l’action islamique commune.
Je voudrais également exprimer à Son
Excellence le Secrétaire Général de
l’Organisation de la Conférence Islamique
notre satisfaction quant à sa détermination
à améliorer le fonctionnement de notre
Organisation et à ses initiatives tendant à
faire évoluer ses structures.
En nous réunissant aujourd’hui en réponse à
une louable invitation du Royaume frère
d’Arabie Saoudite, nous nous attachons à
passer en revue la situation délicate de
notre communauté islamique et à dégager les
meilleures voies et les moyens les plus
appropriés pour faire face aux défis, en
souhaitant que notre volonté s’unifie et que
nos démarches se conjuguent pour définir une
vision islamique pouvant réaliser les
objectifs de notre Sommet.
Les notions de juste milieu, de modération
et de tolérance, ainsi que l’adoption du
dialogue dans les rapports avec autrui et la
quête de la science et du savoir
constituent, dans notre religion sublime,
les piliers essentiels qui ont conféré de la
hauteur à nos actions et favorisé la
propagation du message de l’Islam aux quatre
coins du monde.
Nous nous devons aujourd’hui de les
développer et de les enrichir, d’œuvrer à
mettre en exergue leurs dimensions nobles et
leurs objectifs sublimes afin de conserver
continuellement leur pureté et la noblesse
de leurs buts, et de les préserver des
interprétations erronées et des exégèses
inadmissibles.
C’est dans ce contexte que s’inscrit notre
initiative, dans le cadre de cette
prestigieuse Organisation, pour la mise en
place d’un mécanisme de prévention, de
gestion et de règlement des litiges, de
l’institution d’un code de conduite pour la
lutte contre l’extrémisme et le fanatisme et
de la création du Forum de Tunis pour la
paix.
C’est dans ce même cadre que s’inscrit
également l’accueil par la Tunisie au cours
du mois de novembre écoulé, du Sommet
Mondial sur la Société de l’Information avec
la participation de tous les pays musulmans
frères.
Je saisis cette occasion, pour réitérer nos
remerciements et l’expression de notre
gratitude à tous les frères qui nous ont
fait l’honneur d’assister aux travaux du
Sommet et qui ont contribué au succès de ses
travaux. Je suis persuadé qu’ils ne
ménageront pas leurs efforts pour mettre en
œuvre ses recommandations au sujet de la
réduction du fossé numérique entre Etats, à
un moment où la culture numérique est
devenue un instrument incontournable pour
l’édification du progrès et l’impulsion du
processus de développement dans nos pays.
Nous sommes persuadés que l’ Organisation de
la Conférence Islamique procèdera au suivi
de la réalisation des résultats du Sommet de
Tunis sur la Société de l’Information de
manière à contribuer à développer davantage
l’investissement dans le domaine
technologique dans nos pays.
Honorables représentants,
Notre monde islamique vit une phase de
développements accélérés dont certains ont
eu des retombées négatives sur la stabilité
de nos pays et sur leurs efforts de
développement et porté préjudice à l’image
bienveillante et tolérante de notre religion
sublime. Nous sommes tous conscients du
danger que représentent les courants
extrémistes qui entravent notre marche et
qui trouvent de l’appui auprès de diverses
parties qui cherchent délibérément à altérer
l’image lumineuse de l’Islam, à nuire à nos
relations avec les autres et s’emploient à
influencer certains médias qui n’ont pas
hésité à diffuser leurs thèses prônant la
haine et le refus du dialogue et semant les
germes de la division entre les musulmans.
C’est ce qui nous appelle, aujourd’hui, à
coordonner nos efforts afin de corriger
cette orientation pour le bien de nos
générations futures et afin de les prémunir
contre les dangers de l’extrémisme et du
repli sur soi d’une part, et de faire
connaître, d’autre part, nos vraies valeurs
religieuses et mettre en relief leur
complémentarité avec les valeurs
universelles communes, consacrant ainsi
notre contribution active à la coexistence
entre tous les individus, toutes les
communautés et tous les peuples, et au
développement du dialogue entre les diverses
religions, cultures et civilisations.
Conscients de ces défis, nous avons dès
1991, appelé nos frères dirigeants des Etats
islamiques, à l’occasion de la réunion
ministérielle d’Istanbul et du Sommet de
Dakar, à traiter ce phénomène étranger à nos
sociétés, et à adopter un code de conduite
pour lutter contre le fanatisme et
l’extrêmise. Ce code a été adopté par la
VIIe Conférence au sommet en 1994.
L’extrémisme et le repli sur soi constituent
un danger international qui n’est pas propre
à un pays ou à une religion. Il est
nécessaire que la communauté internationale
dans son ensemble conjugue ses efforts pour
mettre fin à ce déviationnisme et à ses
diverses dimensions politiques, économiques
et sécuritaires. L’initiative du Royaume
frère d’Arabie Saoudite concernant la
création d’un Centre international de lutte
contre le terrorisme constitue, à cet égard,
une contribution efficace à la mise en place
d’une stratégie visant à endiguer ce
dangereux phénomène.
Nous sommes la communauté de la modération
du juste milieu et de l’ouverture sur les
autres dans un mouvement réciproque pour
donner et recevoir. Nous sommes en mesure
d’adhérer au processus de la modernité et du
progrès tout en conservant notre identité
religieuse et culturelle, en poursuivant
l’ancrage de l’éducation éclairée dans nos
programmes d’enseignement, en nous mettant
en phase avec les acquisitions les plus
modernes dans les domaines des connaissances,
des sciences et des techniques, en assurant
la promotion de nos ressources humaines et
de la recherche scientifique dans les divers
domaines du développement, en élargissant le
champ des échanges commerciaux entre nos
pays musulmans et en identifiant davantage
d’opportunités d’investissements, en
appuyant l’activités de la Chambre Islamique
pour le Commerce et l’Industrie, et en
consacrant la coopération, la solidarité et
la complémentarité entre nos Etats de
manière à garantir la puissance et
l’invulnérabilité à l’Islam et aux musulmans.
Nous avons œuvré, en Tunisie, à consacrer
cette orientation tant dans les textes que
dans la pratique, dans les divers secteurs
de développement et entre toutes les
composantes du peuple tunisien ainsi que
dans nos relations extérieures avec nos
frères et amis.
Notre pays abrite, régulièrement et de
manière périodique, nombre de conférences et
de symposiums à caractère intellectuel,
religieux, culturel et scientifique tendant
à mettre en relief le message éclairé de
l’Islam, qui appelle au travail, à l’effort,
à la quête de la science et du savoir et
exhorte à suivre la voie de la modération,
de l’entente et de la tolérance dans les
relations humaines.
Dans le cadre du Forum de Tunis pour la paix,
notre pays a élaboré un programme comportant
des axes et des objectifs diversifiés pour
l’organisation de ces conférences et
symposiums internationaux, en coordination
avec l’OCI et ses diverses structures dans
le souci de mettre en valeur la véritable
dimension civilisationnelle de la religion
musulmane et son apport fertile à
l’édification de la civilisation humaine et
nous avons consacré un prix annuel devant
être décerné à la meilleure œuvre
intellectuelle servant notre religion
sublime.
Nous sommes conscients que l’OCI, qui a
contribué avec compétence à impulser la
coopération entre nos Etats et nos sociétés
au cours des quatre décennies, a besoin
aujourd’hui d’une nouvelle stratégie pour
faire évoluer ses structures et ses méthodes
de travail et se mettre au diapason de notre
époque et des changements qui la
caractérisent. C’est là un sujet d’une haute
importance qui requiert de nous, tous, un
approfondissement de la concertation et un
échange d’idées en vue de définir les traits
de cette stratégie et de l’enrichir.
Il ne fait pas de doute que l’attention
portée au développement et à la promotion de
nos sociétés exige que nous déployions un
surcroît d’efforts pour trouver des
solutions justes et durables aux problèmes
chroniques qui continuent de préoccuper la
communauté islamique.
La question palestinienne constitue, à ce
titre, un grand défi à la conscience
internationale eu égard au drame que
continue de vivre le peuple palestinien
depuis plus d’un demi-siècle. Nous
apprécions les efforts déployés par
l’actuelle direction palestinienne pour
instaurer la paix dans la région, tout en
souhaitant que ces efforts trouvent l’appui
et le soutien nécessaires pour la
concrétisation de la feuille de route et de
l’initiative arabe pour la paix de manière à
ouvrir une nouvelle ère de paix et de
coopération entre tous les peuples de la
région du Moyen-Orient. Nous aspirons aussi
à ce que le peuple irakien frère puisse
jouir de la paix et de la stabilité et se
consacrer à la reconstruction de son pays
dans la concorde et l’unité.
En conclusion, je souhaite que les travaux
de notre présent Sommet soient couronnés de
succès et que nous puissions parvenir à des
résultats qui servent les causes de nos
peuples islamiques et contribuent à
renforcer leur invulnérabilité et à impulser
leurs progrès et leur prospérité.
Merci de votre attention.-
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