Discours de la delegation du Togo


Le Chef de l’Etat de mon pays, arrivé à Djeddah et ne pouvant être parmi nous à Makkah, car respectueux des principes islamiques, m’a chargé de transmettre à la Conférence le message suivant :
Je le cite :

Sa Majesté, le Roi Abdoulah bin Abdul Aziz,
Serviteur des Deux lieux Saints de l’Islam,

Majestés, Altesses Royales,
Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Excellence Monsieur le Premier Ministre de Malaisie,
Excellence Monsieur le Secrétaire général de l’Organisation de la Conférence Islamique,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Honorables Délégués,
Chers frères et sœurs, croyants de par le monde
Hommes et femmes de bonne volonté,


C’est un plaisir pour moi de vous adresser depuis Djeddah, ce message en mon nom et au nom de mon pays et au nom de la délégation qui m’accompagne, pour témoigner mes sincères remerciements et ma très haute considération à Sa Majesté, le Roi d’Arabie Saoudite, à son gouvernement et à son peuple pour avoir initié et bien voulu abriter la présente session extraordinaire de notre Organisation commune.

J’exprime également au Gouvernement du royaume d’Arabie Saoudite, mes remerciements et ma profonde gratitude pour l’invitation qui nous a été adressée et pour le chaleureux accueil dont nous avons été l’objet depuis notre arrivée dans votre grand et beau royaume, Berceau de l’Islam, et lieu connu pour sa générosité légendaire.

Majesté,

Je voudrais aussi vous adresser mes très vives et chaleureuses félicitations pour la compétence avec laquelle vous dirigez les travaux de cette session, en cette période où notre Organisation fait face à des défis de tous ordres, et vous assurer du soutien et de la collaboration de ma délégation.

Je suis confiant que votre expérience et vos qualités remarquables sont un grand atout pour la réussite des travaux de la présente session.

L’objet de cette session extraordinaire, nous le savons tous, est de discuter des thèmes qui rendent la Oummah Islamique plus efficiente et plus utile à nos populations.

Conscient du danger qui menace notre Organisation, nous avons l’obligation de prendre des décisions de nature à renforcer son action qui, du reste, nécessite des réformes qui lui permettent de mieux répondre aux divers défis qu’elle a à relever.

Il va sans dire que l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) se trouve à la croisée des chemins. Les défis auxquels elle est confrontée nous appellent à plus de solidarité et à l’impérieuse nécessité de rechercher les voies et moyens pour faire face à cette situation. L’une des voies pour atteindre l’objectif du développement se trouve, à n’en point douter, dans la réforme de notre Organisation en adaptant ses organes et son fonctionnement au nouveau contexte international.

C’est pourquoi mon pays soutient fermement le processus de restructuration de l’OCI tel que proposé dans le rapport du Secrétaire général, intitulé : « Une nouvelle vision pour le monde musulman : la solidarité dans l’action » . En effet, il nous faut impérativement réaffirmer certains principes et idéaux fondamentaux qui avaient guidé les pères fondateurs de l’OCI, et inventer des stratégies et méthodes d’action plus audacieuses et plus adaptées à l’ampleur et à la gravité des problèmes qui ne peuvent être réglés efficacement que dans le cadre de cette enceinte, symbole de la solidarité et de la fraternité entre nos Etats et entre nos peuples.

Cette nouvelle vision devra permettre de relever les défis auxquels nous devons faire face.

Je voudrais saluer ici les efforts que le Secrétaire général de l’OCI a entrepris dans le cadre de cette réforme en vue de donner à l’Organisation les moyens nécessaires pour mieux répondre aux exigences du moment.

Majesté, Chers frères et sœurs,

La solidarité doit être perçue comme l’un des principaux aspects des relations internationales en général et plus particulièrement entre les pays membres de la Oummah. Elle devrait combiner le respect dans la diversité et la disponibilité dans la fourniture de l’assistance. Elle devrait avoir pour base la coopération entre ses membres et faire de l’unité sa priorité face aux divisions.

Mais le développement à travers l’unité et la solidarité des membres ne peut être une réalité tangible au sein de l’OCI si nous ne faisons pas preuve d’une plus grande détermination dans la recherche de solutions aux problèmes tels que la bonne gouvernance, la prévention et le règlement des conflits, notamment le conflit israélo-palestinien qui n’a que trop duré, la violence, la prolifération des armes tant légères que de destruction massive, le terrorisme, la pauvreté, l’islamophobie. Les Etats membres doivent donc nourrir cette noble ambition d’opérer des changements afin de faire jouer à la Oummah un rôle plus efficient, plus décisif et plus effectif dans la conception d’une grande politique de développement qui devrait contribuer à l’amélioration des conditions de vie dans l’espace OCI.

Nos pays évoluent aujourd’hui dans un contexte économique marqué par la compétitivité et l’ouverture des marchés dans le cadre de la mondialisation.

Pour tirer le meilleur profit de la mondialisation, les organes compétents de l’OCI devraient mettre en place des stratégies qui permettent de réduire le fossé en matière de développement existant au sein de la communauté de l’OCI, par la promotion d’une coopération économique et commerciale plus efficiente entre les Etats membres.

Majesté, Chers frères et sœurs,

Le Togo, mon pays, a connu une situation économique et sociale d’une rare gravité tant dans la durée que dans son ampleur. Un petit pays comme le nôtre endure 12 ans de suspension de la coopération avec l’Union Européenne ainsi que certains bailleurs de fonds internationaux.

De grandes avancées ont été réalisées par le Gouvernement pour assainir la vie politique polluée par la surenchère politicienne et les luttes fratricides.

La reprise des relations économiques normales avec l’Union Européenne tarde, compromettant et anéantissant de ce seul fait les efforts de redressement engagés par mon Gouvernement.

A cet égard, je tiens à saluer ici la volonté et le courage de l’OCI et de la BID qui, pendant cette longue traversée du désert, a soutenu les populations du Togo profond en finançant des routes, des écoles, des projets agricoles et sociaux, etc…

Je voudrais appeler les pays membres de l’OCI à aider la BID à accroître ses ressources financières pour lui permettre de mieux subvenir aux besoins des Etats membres, à appuyer ses initiatives tendant à charger le Conseil des gouverneurs de la BID à mettre en place un fonds concessionnel doté de ressources substantielles, afin de l’aider à engager une véritable bataille pour la réduction de la pauvreté au sein de nos laborieuses populations.

Majesté, Chers frères et sœurs,

Il est heureux de constater que le projet de programme d’action décennal de l’OCI, soumis à la présente session extraordinaire, et les conclusions du forum préparatoire contiennent de bonnes idées et des recommandations utiles, qui méritent notre sérieuse considération.

Le vrai défi de ce Sommet, c’est comment les appliquer et comment les traduire dans les faits concrets.

Nous ne devons pas nous attendre à ce que chaque Sommet apporte des changements révolutionnaires. La vraie percée est généralement un long processus graduel de changements et d’adaptation.

Je voudrais, pour terminer mon intervention, mettre à nouveau l’accent sur le bien-fondé de la solidarité entre nos Etats, car nous évoluons dans un monde de plus en plus interdépendant confronté à des menaces et à des défis multiples.

Ces menaces et ces défis n’épargnent aucun Etat et exigent de nous une action concertée et solidaire.

Assalamou Alaykoum Warahmatoulahi,
Je vous remercie

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