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Discours
de la delegation du Tadjikistan
Monsieur le Président de la Conférence,
Majestés, Altesses Royales, Excellences,
Messieurs les Chefs d’Etat et de
Gouvernement
des pays islamiques,
Chers amis,
Assalamolu Alaïkoum Wa Rahmatullahi wa
Barakatuhu ;
La tenue de notre 3ème Sommet
extraordinaire, en cette terre sainte,
berceau de la révélation et point de départ
de notre sublime religion islamique, est une
initiative louable sur laquelle nous fondons
de larges espérances.
Je voudrais, tout d’abord, exprimer mes
sincères remerciements et ma considération
au Cher frère, le Serviteur des Deux Saintes
Mosquées, Sa Majesté le Roi Abdallah Bin
Abdelaziz Al Saud, ainsi qu’au Royaume
d’Arabie Saoudite –peuple et gouvernement-
pour leur accueil et leur généreuse
hospitalité, ainsi que pour les excellentes
dispositions prises sur le plan de
l’organisation.
Le devoir me commande, également, de
présenter mes remerciements et mes
sentiments de considération à Son Excellence
Monsieur le Premier Ministre de Malaisie,
Dato Siri Abdullah Badawi, qui assure avec
succès la présidence de la session actuelle
de l’OCI.
Note ambition est de faire en sorte que
cette auguste réunion marque une nouvelle
étape qualitative dans le processus de
solidarité et de coopération mutuellement
avantageuse, avec pour objectif la
réalisation du développement et du progrès
continu de notre grande Oummah islamique.
Chers frères,
Je n’ai point besoin de vous rappeler le
rôle éminent joué par la civilisation
islamique dans l’évolution de la
civilisation universelle, grâce à son apport
sur le plan des sciences et des
connaissances, de la culture, de la
philosophie et de l’éthique.
Aujourd’hui, devant les nombreux
bouleversements qu’a connus l’ordre mondial,
nous nous devons de nous adapter aux
mutations de l’époque, en nous référant aux
lois édictées par nos sages prédécesseurs.
Dans ce but, il nous importe de mettre les
hautes valeurs humanistes, véhiculées par
l’Islam, au service du progrès et du
développement des pays islamiques
A l’aube de ce 21ème siècle, les peuples
musulmans dont le nombre dépasse 1,3
milliard de personnes, traversent une
conjoncture des plus délicates et une étape
parmi les plus dangereuses de leur
existence, car la plupart des pays
islamiques se rangent, aujourd’hui, parmi
les peuples en développement.
Il est vraiment regrettable de relever cette
conception erronée qui fait croire à
l’opinion publique internationale que la
cause du sous-développement et de la
pauvreté des musulmans est imputable à
l’Islam. Fort heureusement, les hommes
éclairés et les esprits sains sont
pleinement conscients de l’inanité d’une
telle conception qui ne repose sur aucun
fondement juste.
Nous devons réaffirmer que les musulmans, à
l’aube de l’Islam, étaient parvenus, en
quelques décennies, à constituer une force
parmi les plus puissantes de l’époque, ce
qui leur avait permis, durant près de trois
siècles, de tracer l’avenir des provinces
avancées et sensibles et de demeurer ensuite
une force politique, économique, culturelle
et spirituelle des plus prépondérantes, dans
le monde.
Plus important encore, les musulmans ont
offert au monde une civilisation glorieuse,
sans précédent dans l’histoire, en ce sens
que la civilisation islamique a donné
naissance à la culture de la solidarité et
de l’entraide, qu’elle a portée à son plus
haut niveau. Ainsi, les musulmans ne furent
pas seuls à jouir de cette civilisation dont
le bénéfice a été étendu aux Juifs, aux
Chrétiens, aux adorateurs du feu et aux
païens qui ont pu conserver leur
authenticité historique et religieuse et
instaurer les plus larges relations sociales
intercommunautaires. En effet, la culture
islamique, en elle-même, est une culture
humaniste, fondée sur l’amour de l’homme et
sur la défense de sa dignité.
L’aune à laquelle se mesure la civilisation
islamique, son critère le plus évident et
qui lui confère toute sa valeur, c’est
l’esprit d’innovation morale, culturelle,
scientifique et sociale qui a favorisé la
naissance de dizaines de génies et d’hommes
illustres dont la pensée a éclairé le monde.
Grâce à cette ouverture sur les autres
civilisations et à l’esprit de tolérance,
les peuples du monde entier ont pu profiter
du patrimoine scientifique, philosophique,
médical, scientifique et des cultures de
l’antiquité, outre les formidables avancées
que la civilisation islamique a accomplies
elle-même.
La pays islamiques ont constitué, tout au
long de leur glorieuse histoire, des
passerelles favorisant le rapprochement
entre les régions sur les plans économique,
politique et culturel, ce qui a contribué à
l’édification d’un monde uni et solidaire et
à l’institution d’uns système moderne de
relations internationales.
J’estime, pour ma part, que le facteur
essentiel de ce bond historique résidait
dans la force de notre attachement à
l’esprit de créativité et aux racines
profondes de l’Islam, ainsi que dans notre
souci de maintenir les liens historiques et
culturels et de raffermir notre unité, notre
solidarité et notre coopération fructueuse.
Ce que nous vivons, aujourd’hui, c’est la
tentative de certaines parties de semer
l’amalgame entre le terrorisme, l’extrémisme
et la violence et l’Islam, et de prétendre
que cette religion représente un danger pour
le monde civilisé. Aussi est-il du devoir de
tous les Etats islamiques d’œuvrer en commun
pour combattre les manifestations du
fondamentalisme, de l’extrémisme et du
terrorisme.
Nous observons que certaines organisations
et institutions, agissant sous le couvert de
l’Islam et se présentant, en apparence,
comme des créatures aux mains des musulmans,
ne font que verser le sang de victimes
musulmanes innocentes, miner les fondements
des pays islamiques et porter atteinte à la
réputation de l’Islam, ce qui ne sert que
les ennemis de l’Islam.
Nous sommes pleinement convaincus que le
terroriste ne peut se prévaloir ni des
ancêtres, ni des rites, ni des
considérations nationales quelles qu’elles
soient. Il est l’ennemi de Dieu et l’ennemi
des hommes. C’est pourquoi, il nous importe
de démasquer de tels ennemis, de dévoiler
leurs visages et de dénoncer leurs actions
de sabotage, quelles que soient les
motivations et les déclarations affichées
dans leurs slogans. C’est la condition pour
que nous puissions dédouaner notre sublime
religion islamique de leurs ignobles méfaits.
Dans le même temps, il ne faudrait pas
oublier que la promotion des principes et
valeurs démocratiques représente une
exigence de l’époque. Nous sommes fermement
convaincus que le mode de vie sociale et
culturelle de nos peuples, alliant la
civilisation islamique et la démocratie,
peut nous aider à nous hisser au niveau que
nous ambitionnons, aujourd’hui, à la
condition de prendre en compte la plus-value
de nos cultures nationales, de nos
traditions, de nos valeurs morales
respectives, lors de la mise en place des
principes démocratiques répondant aux
attentes de nos sociétés. Dans le cas
contraire, nous nous exposerions,
immanquablement à l’instabilité et aux
crises politiques.
L’une des conditions pour remédier aux
problèmes complexes qui se posent à nous,
aujourd’hui, est de faire preuve de volonté
forte et de détermination dans la poursuite
d’objectifs historiques à long terme et la
réalisation d’une vie paisible et digne pour
chaque famille musulmane et pour chaque pays
musulman.
Il est évident que la réalisation d’un tel
objectif n’est pas aisée, mais, en tant que
musulmans, nous avons fortement besoin d’un
tel défi, surtout que nous disposons des
moyens et des possibilités nécessaires. Nos
pays recèlent des ressources naturelles
énormes telles que l’eau, les terres arabes,
l’énergie, les minerais, outre les
ressources humaines et leurs capacités
intellectuelles, les valeurs nationales et
culturelles, et les expériences de
coopération et d’entraide profondément
ancrées dans l’histoire.
Nous sommes, donc, capables de réaliser
cette grande ambition, en nous attachant,
avant toute chose, à accorder la priorité
dans nos politiques nationales au
développement économique, technique et
scientifique.
Evidemment, nous ne pourrons réaliser cela
que lorsque les pays islamiques, suivant en
cela le précepte coranique qui dit que « les
croyants sont des frères », auront œuvré
avec assiduité à la réalisation d’une unité
véritable et à l’instauration de relations
de coopération mutuelle.
Dans le même ordre d’idées, il conviendrait
d’accorder, également, la priorité à
l’intensification des activités
d’investissement des pays islamiques nantis,
en vue de la réalisation de grands objectifs
économiques modernes dans les pays
islamiques en développement.
En effet, de tels investissements sont de
nature à offrir une occasion de
développement durable et à accroître le
niveau de vie de nos peuples, outre qu’ils
contribuent à la résolution de nombreux
problèmes sociaux, sources potentielles de
violence, de troubles, d’excès, voire
d’actes criminels et terroristes, et qu’ils
constituent un facteur de stabilité et de
sécurité dans les pays islamiques.
Il faut signaler que la réalisation de tels
programmes ne peut que renforcer le rythme
du développement régional.
A titre d’exemple, la construction de
quelques usines d’électricité au Tadjikistan
– pays qui possède les plus grands et plus
économiques réserves d’électricité – peut,
au moyen de faibles investissements, de
l’ordre de 5 à 7 milliards de dollars,
assurer, totalement et à bon marché, les
besoins en énergie électrique des pays
islamiques en Asie centrale, au Pakistan, en
Afghanistan et dans une partie de l’Iran.
Bien plus, plus de 2 millions d’hectares de
terres, notamment en Afghanistan et dans
l’ensemble de la région, seront bonifiées,
tout comme seront améliorées les conditions
d’exploitation agricole de millions d’autres
hectares, ainsi que la création de dizaines
et de centaines de projets de production et
d’équipements sociaux auxquels sera assurée
l’infrastructure nécessaire.
Le plus important dans tout cela, c’est que,
parmi les habitants de l’Afghanistan, trois
millions de personnes trouveront un emploi :
c’est là une importante participation du
monde islamique à la reconstruction et au
développement de ce pays islamique meurtri
par les guerres. Il faut dire aussi qu’un
tel projet constituera un apport économique
continu pour les pays investisseurs.
Si en gage de notre volonté politique et de
nos sentiments de fraternité – nous avions
investi des réserves monétaires illimitées
et des vastes capitaux entreposés dans les
banques, pour assurer les conditions
nécessaires à la réalisation de projets
prometteurs à l’échelle régionale, nous
aurions garanti un développement économique
durable et amélioré le niveau de vie de nos
peuples.
Une telle situation requiert l’augmentation
des moyens financiers assurés par la Banque
Islamique de Développement et la création
d’autres banques et de fonds
d’investissement islamiques alimentés par
les Etats islamiques riches.
En d’autres termes, ne vaut-il pas mieux que
les investissements de nos frères soient
réalisés dans les pays islamiques, assurant
ainsi à nos frères musulmans une vie
heureuse et digne et permettant à l’Islam de
jouir d’un plus grand prestige et d’une plus
grande considération dans le monde ?
Chers frères,
Le monde islamique fait partie intégrante de
la société humaine et subit les conséquences
des transformations qui l’affectent.
Au 21ème siècle, la plus importante de
celles-ci est la mondialisation qui est
devenue une option réaliste présentant des
avantages spécifiques. D’une part, la
mondialisation se présente comme un vaste
réseau mondial de relations économiques,
techniques, technologiques et d’information,
permettant à l’homme d’accéder aux
découvertes les plus modernes qui lui
permettent d’avoir prise sur la réalité et
sur ce qui nous entoure. Selon ce point de
vue, la mondialisation est un apport positif
qui nous incite à étendre la relation entre
les peuples et les pays. D’autre part et en
nous plaçant sous un autre angle, nous
constatons que – sous l’influence directe de
la mondialisation- le fossé entre les pays
avancés et les pays sous-développés ne cesse
de se creuser, que les pressions
s’intensifient sur les entités culturelles
nationales, que les prétentions hégémoniques
de certains pays avancés s’amplifient, et
que la tendance de ce qui est appelé « choc
des civilisations » se renforce. Et ce qui
représente un danger encore plus grave,
c’est aspect mondial que peuvent prendre les
activités des réseaux terroristes,
l’extension du trafic des stupéfiants et du
crime organisé.
A mon avis, parmi les conséquences
dangereuses que peut engendrer la
mondialisation, c’est tout ce qui a un
rapport avec la déchéance morale et
culturelle, et avec les appartenances
sociales qui empêche et affecte l’identité
fondamentale de l’être humain.
Dans le même temps, la mondialisation va de
pair avec une meilleure connaissance de soi
parmi les peuples et les nations, avec un
développement des cultures, des
civilisations et des régions historiques du
monde, ce qui sera à l’origine de profondes
mutations au sein de la communauté
internationale.
C’est ainsi que tout en apportant notre
appui au dialogue des civilisations, nous
estimons qu’il est impératif de sauvegarder
l’authenticité nationale culturelle des
peuples.
Parmi les options claires qui ont un rapport
direct avec ce dialogue figure, à notre
époque, celle de la compétition entre de
nouveaux contenus spécifiques qui est
engagée entre les divers courants et
orientations.
La logique impose à l’OCI – en sa qualité
d’organe central – de prendre en
considération les nécessités croissantes de
l’époque et d’être en symbiose avec les
changements et les mutations rapides que
connaît la scène internationale.
De notre point de vue, l’application
soutenue et intégrale des propositions des
éminentes personnalités et des dirigeants
des Etats islamiques concernant le
renforcement et la complémentarité des
institutions et des organes affiliés à
l’organisation, la création de nouvelles et
actives structures, vont aider à plus de
coordination dans la réalisation des
objectifs du Programme d’action décennal et
de la Stratégie islamique à long terme.
Pour notre part, nous considérons la réforme
de structures de l’Organisation et de son
Secrétariat général comme l’une des plus
importantes propositions faites à ce jour.
L’OCI et ses organes exécutifs doivent, en
effet, connaître une dynamique forte, en
relation avec ce qui se déroule sur la scène
internationale.
Pour réaliser cet objectif, un certain
nombre de résolutions et de propositions a
été soumis à la discussion. Parmi celles-ci
l’élargissement des attributions du
Secrétaire général, la création de l’organe
des représentants permanents en tenant
compte des ambassadeurs des Etats membres et
l’ouverture de sections régionales et de
bureaux en dehors des pays membres.
En plus de cela, il importe d’examiner la
question de la création d’un organe de
coordinateurs nationaux des Etats membres en
tant que mécanisme efficient de suivi,
représenté en la personne d’une haute
personnalité relevant du ministère des
Affaires étrangères de chaque pays, afin
qu’elle puisse être en contact direct avec
le Secrétariat général. Pareille expérience
a fait la preuve de son efficacité dans le
cadre des organisations internationales.
Il reste, bien évidemment, d’autres
propositions constructives, susceptibles
d’être examinées et adoptées d’un commun
accord.
Chers frères,
La mission dont nous sommes chargés et les
responsabilités historiques énormes que nous
assumons sont de nature à nous aider à
tracer l’avenir de nos peuples et du monde
islamique. C’est pourquoi, je souhaite
sincèrement que nous soyons, nous les
dirigeants des Etats et des gouvernements
islamiques, prêts à œuvrer, avec résolution
et un sens élevé des responsabilités, à la
réalisation des aspirations de la Oumma
islamique, en vue d’asseoir ensemble les
fondements d’un avenir radieux offrant aux
générations actuelles et futures la
possibilité de vivre dignement et en paix.
Je vous remercie de votre attention.
Wasalamu Alaikum wa rahmatullahi wa
barakatuhu
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