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Discours
de la delegation du Niger
Aouzou Billahi Min Asheytan Arrazim ;
Bismillahi Arrahman Arrahim ;
Serviteur des Deux Saintes Mosquées,
Excellence Monsieur le Premier Ministre de
Malaisie, Président du 10ème Sommet de l’OCI
;
Majestés et Altesses, Souverains, Chefs
d’Etat et de Gouvernement ;
Mesdames et Messieurs les Ministres et Chefs
de Délégation ;
Monsieur le Secrétaire Général de
l’Organisation de la Conférence Islamique ;
Distingués Délégués ;
Mesdames et Messieurs ;
Mes Chers Frères ;
Assalamou Aleykoum Wa Rahmatoullahi wa
Barakatouhou ;
Par la Grâce d’Allah, le Tout Puissant, le
Clément et le Miséricordieux, nous voici
aujourd’hui réunis dans cette glorieuse Cité
de Makka Al Mukarramah, berceau de la Sainte
Kaaba, la Maison Sacrée de Dieu, si chère à
nos cœurs de Musulmans ; tout un symbole et
quelle meilleure source d’inspiration !
Le Président de la République du Niger, Son
Excellence Mamadou Tandja a reçu, avec un
réel plaisir, l’invitation que vous lui avez
adressée, Serviteur des deux Saintes
Mosquées, pour prendre part à ce Sommet
extraordinaire.
L’ouverture sous son égide, des 5èmes Jeux
de la Francophonie, ne lui a pas permis, à
son corps défendant, je le souligne, d’être
à vos côtés en ce moment. Mais, il a tenu à
ce que le Niger soit représenté par le Chef
du Gouvernement, ce qui constitue, pour moi,
un honneur et un réel plaisir.
Majestés et Altesses,
Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et de
Gouvernement,
La tenue, ici à Makka Al Mukarrama, du
présent Sommet extraordinaire de
l’Organisation de la Conférence islamique,
le premier depuis l’accession au trône du
serviteur des deux Saintes Mosquées, le Roi
Abdallah Ibn Abdulaziz Al Saoud, Souverain
du Royaume d’Arabie Saoudite, constitue, à
nos yeux, la preuve tangible de l’intérêt,
jamais démenti, qu’ont toujours accordé les
dirigeants du Royaume aux préoccupations de
la Oummah islamique ; nous nous en
réjouissons et vous en félicitons
sincèrement, Majesté.
La convocation, par le Roi Abdallah, de
cette Session extraordinaire, est aussi,
sans aucun doute, la traduction de son souci
constant, quant au devenir des peuples
musulmans du monde notamment face aux effets
dévastateurs de la mondialisation, qui a
plongé la plupart de ces pays, dans une
situation de précarité extrême, je veux dire
de pauvreté intolérable.
Au moment où je prends la parole devant
cette auguste Assemblée, je voudrais
m’acquitter de l’agréable devoir, que
commande le sens de la gratitude, celui
d’exprimer au gouvernement et au peuple
frère du Royaume d’Arabie saoudite, les
sincères remerciements et la profonde
reconnaissance de ma délégation, pour
l’accueil chaleureux et fraternel qui nous a
été réservé.
Nous sommes assurés que les excellentes
dispositions prises par les autorités
saoudiennes et les conditions de travail
dans lesquelles nous sommes placés, sont les
gages sûrs du succès qui couronnera,
inch’Allah, nos délibérations.
Serviteur des deux Saintes Mosquées, nous
sommes certains, que sous votre très sage et
clairvoyante direction, nos travaux ne
connaîtront qu’un issue positive, à la
mesure des attentes légitimes de nos peuples.
Nos félicitations et nos sincères
remerciements vont également à l’endroit du
docteur Ahmed Abdallah Badawy, Premier
Ministre de Malaisie et Président de la
10ème Conférence au Sommet de notre
Organisation.
Mes Chers Frères,
C’est avec un réel plaisir et une claire
conscience de nos responsabilités, que le
Niger prend part à cette Session, tant sont
grandes et nombreuses, les raisons qui,
aujourd’hui comme hier, motivent les
Représentants des Etats membres de la Oummah
islamique.
L’engagement de votre grand et prestigieux
pays, nous le savons, Altesse, a été et
demeure constant, dans la défense des idéaux
d’unité, de paix et de fraternité qui,
depuis le criminel et lâche incendie de la
Mosquée d’Al Aqsa, si chère aux cœurs des
Musulmans, il y a de cela 36 ans,
constituent le ciment de notre combat commun
et de notre indéfectible solidarité.
C’est dans cet esprit et mue par cette
conviction, que la délégation que je conduis,
a quitté le Niger, au cœur de ce Sahel rude
et dur, pour venir jusqu’ici, sur cette
terre bénie d’Allah, pour prendre part à
cette Session extraordinaire de notre
Conférence.
Comment pouvait-il en être autrement, pour
le Niger, qui a toujours été et demeure,
résolument engagé dans le combat, aux côtés
des autres Etats membres de notre Oummah,
pour la défense des principes et idéaux qui
fondent notre identité de vues et qui
devraient nous amener vers une nécessaire
unité d’action face aux enjeux de ce monde
de plus en plus injuste ?
Comment pouvait-il en être autrement, pour
mon pays, qui a toujours cru et espéré en la
coopération et la solidarité entre les
peuples musulmans ?
Majestés et Altesses,
Excellences Messieurs les Chefs d’Etats et
de Gouvernements,
Chers Frères,
Notre présente session se tient, au moment
où l’Organisation de la Conférence islamique
est saisie d’un certain nombre de questions
nouvelles, qui cristallisent aujourd’hui les
préoccupations de la Oummah islamique, à
cette époque contemporaine dominée par de
profondes mutations, pour l’heure
globalement peu favorables aux pays
musulmans.
L’une de ces préoccupations, nous le savons,
est les réforme et la restructuration de
l’Organisation, ainsi que la révision de ses
méthodes de travail et de ses mécanismes de
prise de décision ; le Niger suit ce combat
avec le plus grand intérêt et soutient la
mise en œuvre des pertinentes conclusions
auxquelles les travaux de nos honorables
Ulémas ont abouti.
Ce souci et la question subséquente de la
rationalisation de l’ordre du jour de nos
réunions, tendant à éviter la reconduction,
d’année en année, des mêmes résolutions,
nécessite, en effet, d’être débattue sans
complaisance par notre Conférence. C’est là
une des conditions pour qu’au sortir de la
présente session, nous engagions notre
Organisation dans la voie d’une réforme
profonde et d’un véritable renouveau, en
phase avec la nouvelle dimension et les
nouvelles réalités des relations
internationales.
Nous nous félicitons, de ce point de vue, de
l’important travail de refondation mis en
chantier et actuellement conduit avec
perspicacité, par le Secrétaire général de
notre Organisation, à qui nous adressons
toutes nos félicitations et tous nos
encouragements.
Mes Chers Frères,
Notre Organisation est aussi interpellée sur
les problèmes dont souffrent un certain
nombre de ses Etats membres.
C’est notamment l’épineuse question des
réfugiés dans le monde islamique, qui
demeure toujours d’une brûlante actualité et
dont notre Organisation doit continuer de
poursuivre l’examen en étroite collaboration
avec le Haut Commissariat des Nations Unies
pour les Réfugiés (HCR).
L’Islam ayant, depuis ses origines, une
tradition de protection des réfugiés, les
pays musulmans devraient être dans de
meilleures dispositions socio-psychologiques,
pour en adopter les règles modernes.
L’Organisation de la Conférence islamique
ayant signé un accord avec le HCR en 1981,
ses membres devraient adopter une attitude
participative et expressive de la solidarité,
qui fonde son action.
Il est donc souhaitable que la Conférence
islamique au Sommet adopte des décisions
propres à renforcer davantage la protection
des réfugiés et l’amélioration de leur
condition.
Evoquant la question de la lutte contre le
terrorisme international, le Niger se
félicite de la position très claire et sans
équivoque, adoptée par notre Organisation et
son total engagement dans la lutte contre le
terrorisme sous toutes ses formes.
Nous soutenons les efforts déployés dans le
cadre de l’Organisation des Nations Unies et
au sein de l’OCI, tendant à adopter une
approche globale du phénomène, intégrant ses
aspects économique, politique, social et
culturel.
La question de la définition même du
terrorisme international, revêt une
importante particulière aux yeux de ma
délégation, puisqu’elle doit permettre,
précisément, d’éviter l’amalgame,
délibérément introduit et entretenu, tendant
à assimiler le terrorisme à notre religion :
l’Islam, comme il convient de dissocier très
clairement le terrorisme de la lutte des
mouvements de libération, pour les droits
légitimes à l’autodétermination de leurs
peuples.
Majestés et Altesses,
Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et de
Gouvernement,
Le Niger suit de très près, la question de
la réforme de l’Organisation des Nations
Unies, notamment celle de l’élargissement du
Conseil de sécurité, qui était à l’ordre du
jour du Sommet des Nations Unies, en
septembre dernier à New York. Nous sommes
d’avis, que cette réforme doit viser à
rendre le fonctionnement de l’ONU plus
efficace et plus démocratique.
Notre Organisation, à travers le groupe de
contact qu’elle a mis en place à New York et
la réunion annuelle de coordination de ses
ministres des Affaires étrangères, en marge
de la session de l’Assemblée générale des
Nations Unies, devra œuvrer à parvenir à une
position consensuelle de ses Etats membres
sur cette question.
Nous soutenons, dans ce contexte, la
position de l’OCI, tendant à ce qu’un siège
permanent soit attribué à un de ses Etats
membres, en faisant valoir la nécessité
d’une représentation équitable de toutes les
cultures et civilisations, au sein d’un
Conseil de sécurité élargie.
Abordant la question de la coopération entre
l’OCI et les Organisations régionales et
internationales, ma délégation se réjouit
des efforts appréciables déployés dans ce
domaine et les soutient.
Nous sommes d’avis que les défis qui se
posent aujourd’hui à la Oummah islamique,
singulièrement depuis les attentats du 11
septembre, requièrent de l’OCI, une plus
grande ouverture et une coopération plus
étroite avec le reste du monde, notamment
les autres Organisations internationales, de
manière à mieux faire connaître ses
objectifs, le vrai visage de l’Islam et des
valeurs qu’il véhicule, en rupture totale
avec l’extrémisme violent que développent
certaines personnes qui s’en réclament.
Le Niger appuie les efforts déployés dans ce
sens par l’OCI, qui doit, cependant,
accorder aux Organisations régionales
africaines et asiatiques, notamment, autant
d’intérêt qu’aux Nations Unies et à l’Union
européenne.
Mes Chers Frères,
La question de l’assistance aux Etats
membres sahéliens, a toujours revêtu, pour
le Niger, une importance majeure, depuis
qu’elle a fait l’objet d’une résolution
spéciale du sixième sommet islamique.
Cette question et celle, corrélative de
l’assistance aux Etats membres victimes de
la sécheresse et de calamités naturelles,
revêtent, aujourd’hui, pour mon pays, une
importance et une signification toutes
particulières, alors même qu’il se relève
tout juste d’une crise alimentaire
particulièrement sévère, qui a affecté plus
de 3 millions d’âmes.
C’est pour moi, le lieu et le moment, au nom
du gouvernement de la République du Niger,
de remercier, très sincèrement, tous les
pays frères membres de notre Organisation,
qui ont réagi à l’appel solennel, que j’ai
lancé à la communauté internationale, le 28
mai dernier, lors de la présentation de ma
déclaration de politique générale devant
l’Assemblée nationale, pour venir en aide à
mon pays.
Le Royaume d’Arabie Saoudite, la Fédération
des Emirats Arabes Unis, l’Etat du Qatar, la
République algérienne, le Royaume du Maroc,
la Grand Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire
et Sociale, l’Egypte, le Soudan, le Nigeria,
la Guinée Equatoriale, la République
Démocratique du Congo, l’Afrique du Sud, le
Gabon, la France, le Pakistan, l’Inde, la
Turquie, le Canada, l’Espagne, l’Italie et
la Principauté de Monaco, figurent parmi les
pays frères et amis, qui ont manifesté leur
solidarité agissante au peuple nigérien, à
travers des aides multiformes qu’ils nous
ont fait parvenir.
Le Président de la République, son
Excellence Monsieur Mamadou Tandjia m’a
chargé d’exprimer à tous ces pays, du haut
de cette tribune, notre profonde gratitude,
pour leur générosité et leur sollicitude.
Majestés et Altesses,
Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et de
Gouvernement,
Mes Chers Frères,
M’adressant tout particulièrement, à
l’ensemble des pays frères de notre grande
Oummah, ici réunis, je voudrais saisir
l’occasion de la présente session de notre
Conférence, pour lancer un appel pressant à
tous ceux d’entre eux qui sont en mesure de
le faire, afin qu’ils viennent en aide de
leurs frères et sœurs du Niger, dans le
cadre de l’exécution du programme
d’irrigation, que mon gouvernement vient
d’élaborer.
En effet, nous souhaitons, au Niger, mettre
un terme définitif à la précarité
alimentaire, en créant les conditions d’une
production alimentaire sous notre maîtrise.
Ceci épargnera à l’avenir le peuple nigérien
des aléas d’un climat aussi imprévisible que
de plus en plus infécond.
Car enfin, est-il humainement admissible
qu’un pays musulman souffre de problèmes
alimentaires, quand le monde musulman compte
autant de pays qu’Allah, le Tout Puissant,
le Généreux et le Miséricordieux a gratifié
de tant de richesses matérielles ?
Je voudrais donc me féliciter au nom du
peuple nigérien de l’adoption de la
résolution 23-32/P, par la 32ème session de
la Conférence islamique des ministres des
Affaires étrangères, tenue à Sana’a pour la
création d’un Fonds spécial d’aide au Niger,
afin de soutenir nos efforts tendant à faire
face à l’important déficit qui a résulté de
la campagne agricole 2004.
Il est vrai que la campagne 2004 a été
meilleure, mais les traumatismes de l’année
dernière nécessitent presque 5 années
d’efforts, pour reconstituer la sécurité
alimentaire de ces 3 millions de Nigériens.
En adressant nos remerciements à tous les
pays membres de notre Organisation qui ont
accepté la création de ce Fonds, je voudrais
exprimer ici, notre profonde gratitude de la
Malaisie en particulier qui vient de
transférer un montant de 500.000 Dollars US,
au Fonds spécial en faveur du Niger, logé à
la Banque Islamique de Développement.
De même nos remerciements vont au
Kazakhstan, pour toutes les dispositions qui
sont en train d’être prises par ce pays
frère dans le même sens.
Je saisis donc l’occasion que m’offre le
présent Sommet, pour rappeler à l’ensemble
des pays amis du Niger ici réunis, de ne pas
oublier la résolution de Sana’a, et de
réagir positivement et rapidement, car ce
Fonds est indispensable à la reconstitution
des stocks de réserve céréalières d’urgence
aujourd’hui entièrement épuisés.
Mes Chers Frères,
La Oummah islamique doit relever les défis
du 21ème siècle. Elle devra, pour cela,
s’engager de façon claire et audacieuse dans
le combat contre la pauvreté dans l’espace
islamique par l’adoption d’un Programme
spécial de lutte contre la pauvreté, afin
que la solidarité islamique que nous
invoquons tant et dont notre Livre saint
nous recommande la stricte observance,
demeure au cœur de toutes nos actions.
La pauvreté extrême de certains Etats
musulmans doit être pour tous les autres un
problème de conscience et une préoccupation
majeure, tant il est vrai que plus elle
s’étend, plus le monde islamique
s’affaiblira et deviendra chaque jour un peu
plus violent.
Car, si quelque chose doit distinguer le
monde islamique des autres civilisations
c’est bien à travers un engagement à refuser
aussi bien la fatalité de la pauvreté que la
résignation à continuer de subir
l’humiliation due à sa faiblesse économique
et donc politique.
En effet, quelle influence le monde
islamique peut-il prétendre avoir sur les
décisions du monde quand les ¾ de ses
membres sont disqualifiés par une extrême
pauvreté ?
Convaincu donc que ce Programme spécial est
d’une importance capitale dans la
perspective de la réforme de l’OCI ainsi que
le redressement de la dignité du monde
musulman, nous demandons de vive voix
l’annulation de la dette musulmane sur les
pays musulmans les plus pauvres.
En outre l’esprit de solidarité n’excluant
l’effort d’aucun Etat membre au Programme
spécial, le Niger pays musulman, pauvre
financièrement mais riche de sa foi, annonce
d’ores et déjà son engagement ferme à
contribuer au Fonds spécial, dès l’ouverture
de celui-ci.
Ce sera la Zakat de l’Etat du Niger à la
pauvreté du monde, sur les bienfaits
qu’Allah le miséricordieux lui aura accordé
dans l’année.
Puissent tous les Etats membres donner cette
Zakat au Fonds spécial avec enthousiasme et
célérité.
Je vous remercie.
Wassalamou alaykoum wa rahmatoullahi
wa barakatouhou.
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